Fondation des Gouverneurs de l'Espoir

Le 04 septembre 2010

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Saviez-vous que...

Grâce à la recherche, le taux de survie au cancer infantile après trois ans dépasse maintenant 80 pour cent.
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Je partage avec vous mes sentiments de maman…
18/09/09 @ 08:14

Je me souviens de tout comme si c’était hier, comme si Stella était encore là. Je me surprends encore souvent à me dire qu’il ne faut pas que j’oublie ses médicaments… Ça fait plus de 15 mois qu’elle nous a quittés, mais elle a laissé ses empreintes dans ma tête et dans mon cœur pour toujours!

Chaque matin à mon réveil, je me tourne vers ma table de chevet et je lui parle. Chaque soir avant de m’endormir aussi. Je crois que ce sera ainsi chaque jour de ma vie, car elle était ma petite fille, l’amour de ma vie.

Les trois dernières années, elle était mon monde, ma raison d’être : je respirais avec elle, j’avais mal avec elle. La dernière année a été très difficile émotionnellement, la voir tant changée, son visage sans vie, ses yeux éteints par tant de souffrance, son corps mutilé par la maladie… C’est un non-sens aux yeux d’une maman.

On en vient à espérer qu’elle soit libérée de cette maudite maladie qui la démolit à petit feu. J’ai souvent maudit le ciel que ma fille souffre autant et j’ai compris. J’ai compris que c’était la seule façon de me faire cheminer vers sa mort! C’est un peu fou, hein?
J’en étais épuisée, épuisée de la voir souffrir, épuisée de ne plus avoir de vie de famille, épuisée physiquement de cette lourde tâche, épuisée que cette maladie « gère » notre famille comme elle le voulait!

Quand je regardais Stella, j’aurais préféré mourir plutôt que la laisser partir. C’était mon cœur de maman, ça. Mais ma tête savait bien que c’était devenu une atroce souffrance pour elle. On en vient à « souhaiter » leur départ — pas souhaiter dans le sens célébration —, mais on sait que de cette façon, ils seront enfin libérés. Il faut avoir côtoyé ces grands malades pour comprendre, car on se sent envahi d’une grande culpabilité. Pourtant, c’est d’une logique incroyable : entre la souffrance et la mort, on choisit la mort, car la souffrance est intolérable.

Je n’aurais jamais dit ça avant, mais les 4 dernières années m’ont fait cheminer, m’ont fait vivre des émotions irréelles. Aujourd’hui, je sais que je ne souhaitais pas la mort de Stella, je voulais simplement mettre fin à ses souffrances, et pour y mettre fin, la mort était la suite logique… Il ne faut surtout pas confondre.

Je reste convaincue d’une seule chose : je l’ai aimée du plus profond de mon cœur! Je n’ai aucun regret, car j’ai été avec elle 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, je lui ai donné tout l’amour qu’une mère peut avoir. Ça, ce n’est pas de la culpabilité, c’est de l’amour avec un grand A.

Marjolaine Robitaille