La leçon de vie : de Nicolas, M. Pat Burns et Mme Ingrid Betancourt…
Ce matin en sortant de chez moi pour me rendre au travail, j’ai été frappée par la beauté des rayons du soleil. Pourquoi particulièrement ce matin? Parce que depuis moins de 24 heures, trois situations ont nourri mon questionnement sur la vie…
Hier soir, j’ai rendu visite à mon ami Nicolas qui est en phase terminale d’un cancer depuis maintenant plus de 5 mois. Très médicamenté pour soulager son corps mutilé par ce troisième cancer à le ronger de l’extérieur, mon ami de 17 ans a tout de même la capacité de soulever encore et encore le côté positif de la vie. Durant notre conversation intime d’hier, il me parlait de l’importance de la vie familiale, des soupers de famille, des soirées de télévision collés l’un près de l’autre et de la qualité du temps partagé avec ceux que l’on aime. Il me disait de toujours garder ce contact intime avec mes enfants et ceux qui me sont proches. Il me disait de ne pas chercher trop loin le bonheur, qu’il était juste à côté de moi… à ma portée au quotidien. Encore une fois, je suis partie de chez lui le cœur chamboulé par la crainte d’avoir vu mon ami pour la dernière fois et le désir prenant de transmettre son message à la fois si simple et si puissant.
Sur le chemin du retour, j’entends sur les ondes de la radio que l’analyste sportif bien connu Pat Burns avait décidé d’arrêter tous les traitements qui lui permettraient de prolonger sa vie de quelques semaines. Son troisième cancer est trop puissant. M. Burns, homme au franc-parler qui projette une image de force et de solidité, a décidé de lâcher prise et de se retirer dans sa maison de campagne pour profiter pleinement de ses derniers instants, entouré de ses amis les plus proches et de sa famille.
Puis, en écoutant le Téléjournal de fin de soirée, je suis tombée sur l’entrevue que Mme Ingrid Betancourt a accordée à Céline Galipeau. La phrase qui m’a le plus marquée c’est lorsqu’elle a dit : « Nous arriverons à retrouver l’équilibre dans la société lorsque nous retrouverons le côté simple des rapports humains ». Cette femme qui est restée plus de 6 ans en captivité, qui a vécu des choses si puissantes que nous ne pouvons même pas nous les imaginer, en arrive à une conclusion aussi simple et limpide.
Dans cette période si tumultueuse en actualité, perdus entre Vincent Lacroix, la corruption à l’Hôtel de Ville, la présence des motards à la FTQ, le manque de financement dans les hôpitaux et dans les écoles, le meurtre de la petite Daphnée, nous devons arriver quand même à trouver l’équilibre pour garder la tête hors de l’eau…
Je pense sincèrement que même si nous cherchons midi à quatorze heures, nous arriverons au bout du chemin à la même conclusion que mes trois héros à moi :
Il faut toujours savourer les moments précieux de nos rapports humains, et ne jamais remettre à demain ce que l’on peut faire ou dire aujourd’hui!
Si seulement nos grands dirigeants, nos décideurs pouvaient s’inspirer de ces gens vrais qui luttent encore et toujours pour leur survie, il me semble que nous réglerions bien des problèmes. Et nous éviterions de perdre notre temps à créer des comités d’éthique!
Francine Laplante