Mardi matin, j’ai reçu ce courriel d’une maman qui a perdu en janvier dernier son enfant unique à l’âge de 13 ans. Olivier s’est battu durant plus de 9 ans contre un cancer très vorace. Voici ce que Sylvie m’a écrit :
« Cette journée est très précieuse dans mon cœur, aujourd’hui mon Olivier aurait 14 ans, je tente de rendre possible ce qui est impossible dans ma tête et dans mon cœur, j’aimerais tellement le prendre dans mes bras, qu’il soit là avec son tendre sourire, discuter avec lui, vivre ensemble comme avant, lui faire un gâteau, de rire de l’aimer simplement, Olivier est mon amour, mon fils, je suis sa maman et je l’aime plus haut que les étoiles, il est dans mon cœur, je l’aime plus que tout. Cet amour est tellement précieux, je dois le protéger. »
Tout comme moi, il vous est possible de lire toute la détresse et surtout tout l’amour d’une mère pour son fils.
Peu de temps après avoir pris connaissance de ce message, j’ai reçu un appel d’une amie d’enfance qui voulait partager avec moi la saga de son divorce orageux. Petite famille modèle vivant dans un quartier cossu de la Rive-Sud, tous les deux professionnels, parents de 4 enfants dont l’âge varie entre 9 et 2 ans. Voyages à travers le monde, chalet l’hiver, bateau l’été, vêtements derniers cris, collèges privés….. Cadillac, BMW, tout ce qu’il faut pour être heureux…
Derrière les portes-clauses de ce paysage romanesque se cache l’horreur. Un divorce houleux, rempli de haine, de cris, d’injures. Un divorce où tout ce qui importe, c’est la sauvegarde des biens matériels. Durant ce temps, les enfants sont pris dans cet engrenage infernal où la violence psychologique — et même la violence physique — prend de plus en plus d’ampleur. Excusez-moi, mais je n’arrive pas à comprendre comment des gens supposément plus éduqués que la moyenne, comment des grands-parents avocats, des tantes enseignantes et notaires, peuvent assister et même être complices d’une telle destruction parentale. Ne dit-on pas haut et fort que les enfants prêchent par l’exemple? Beaux gâchis, n'est-ce pas?
Inutile de vous dire que mon amie n’a pas eu l’oreille attentive et compatissante à laquelle elle s’attendait. À mon avis, ces deux parents mériteraient de se faire retirer temporairement la garde des enfants, ils mériteraient d’être enfermés dans une pièce avec des parents endeuillés, des parents qui attendent depuis des années la venue de la cigogne ou encore des parents qui séjournent des semaines et des semaines dans les corridors des hôpitaux en craignant à chaque instant de perdre leur enfant chéri.
Avoir des enfants en santé, avoir des enfants qui courent, qui rient, qui s’épanouissent, ce n’est pas un droit, c’est un privilège, un énorme privilège! C’est une grande richesse bien plus valorisante qu’une rutilante Mercedes…
Francine Laplante