Samedi dernier, première fin de semaine de juillet et début officiel des vacances; les festivités étaient à l’honneur avec le retour des B.B.Q et des partys entre amis. C’est le temps de prendre du bon temps et de profiter de la vie…
J’étais invitée à un party bien spécial, le party de fin de vie de Nicolas! Comme vous le savez, notre ami a été condamné par les médecins en mai dernier. Malgré son désir incommensurable de vivre et sa grande détermination, le cancer prend de plus en plus d’ampleur, si bien que Nicolas ne peut même pas espérer faire le voyage à Walt Disney qu’il désirait tant. Avec la complicité de ses parents, nous avons réussi à troquer le voyage pour un méga party, histoire de mettre un peu de baume sur ses journées remplies de tristesse et de souffrances.
Toujours est-il que samedi dernier, lorsque je suis arrivée chez les Marchand, la préparation du party était déjà bien amorcée. Après avoir rempli les tâches qu’il m’avait confiées, après m’être assurée que rien ne manquait et que tout était comme il le voulait, j’ai voulu jaser un peu avec lui avant que ses amis arrivent. Ouf! J’ai dû mettre mes neurones en marche rapidement pour comprendre que je devais me faire très, très petite et très, très discrète.
Tous les invités ont eu droit à un chandail arborant la photo de notre héros, chacun étant autographié d’un petit mot personnalisé selon son destinataire. Croyez-le ou non, mais je n’ai eu droit qu’aux initiales de Nico, accompagnées d’un petit bonhomme très basique et très peu élaboré… Toute la journée, j’ai observé Nicolas, sa façon d’agir avec ses amis, sa famille… et j’ai finalement compris que je ne cadrais pas vraiment dans le décor de ce party de fin de vie, moi je représente la réalité, la maudite réalité de Nicolas et de sa famille. Moi, j’étais la maladie, celle qui gagnera le combat dans les prochains jours, alors qu’en ce jour de fête, tout le monde voulait oublier la réalité, oublier cette mort annoncée et croire que tout pourrait être différent.
J’ai quitté les Marchand vers 21 h 30 et le party s’est terminé très tard! J’avoue candidement que j’ai eu beaucoup de difficulté à dormir, cette soirée était tellement irréaliste! Imaginez un jeune homme de 17 ans qui veut oublier qu’il va mourir dans les prochains jours, ajoutez une quarantaine de jeunes du même âge qui font des efforts surhumains pour ne pas craquer et qui se cachent pour pleurer, des parents complètement déchirés, un frère, une sœur qui boivent de l’alcool pour paraître cool, mais qui en fait noient leur peine…
Trois jours plus tard, je retire une grande leçon de cette soirée : accompagner un enfant veut parfois dire être capable d’accepter d’être mise à l’écart! Il faut prendre la place qu’il veut nous donner quand il veut bien nous la donner!
Le party est maintenant fini, la maladie continue de progresser, je suis encore là près de lui, près de sa famille, ses amis sont retournés chez eux le cœur rempli de peine, mais avec le souvenir incroyable d’un héros qui ne voulait qu’être normal, l’espace d’une soirée…
Francine