Je mentirais si je vous disais qu’il m’est facile de m’occuper de la Fondation. Je mentirais si je vous disais que je n’ai pas, parfois, le goût de tout laisser tomber.
Vous savez ces journées où l’on se dit que ce que nous accomplissons est inutile, ces journées où l’on a l’impression de déranger tout le monde avec nos demandes qui n’en finissent plus, ces journées où l’on se rend compte que les sentiments enfouis au plus profond de nos tripes ne sont pas nécessairement partagés par tous.
Et puis tout à coup arrive le petit quelque chose, la petite rencontre qui me redonne l’énergie inlassable de continuer, le goût de lutter pour qu’une étincelle magique rallume le regard de tous ces enfants.
François-Karl, Amélie, Valérie, Jason, la mémoire de Julie, les souvenirs d’Alexia. Impossible de rester insensible. Ces grands héros me donnent le courage d’affronter mon quotidien. Grâce à eux, je trouve l’énergie nécessaire pour bien faire mon travail et pour assumer pleinement mes responsabilités familiales.
Si vous saviez mes enfants, à quel point parfois je me sens égoïste de vous aider, puisqu’en réalité, je dois avouer que j’ai beaucoup plus besoin de vous que vous avez besoin de moi.
Il y a des jours où la vie me paraît si terne et les comportements des êtres humains me semblent si absurdes. Mais je retrouve espoir, car je m’inspire de vous, de vos sourires, de vos regards, de votre magnétisme. Je me dis alors que tant et aussi longtemps que je vivrai, tant et aussi longtemps que je serai capable de verbaliser tout ce que vous vivez, et bien je continuerai.